Calcul des droits de succession
Ce que chacun de vos héritiers percevra réellement, après abattements et droits. Option du conjoint survivant et donations antérieures comprises.
Simulateur
Sur un patrimoine net de 500 000 €, les droits de succession s'élèvent à 31 388 €, soit 6,3 % de la masse transmise. Les héritiers perçoivent 468 612 €.
Le conjoint recueille un quart en pleine propriété ; les enfants se partagent les trois quarts restants.
Qui reçoit quoi
| Héritier | Part reçue | Abattement | Base taxable | Droits | Net perçu |
|---|---|---|---|---|---|
| Conjoint survivant | 125 000 € | Exonéré | — | 0 € | 125 000 € |
| Enfant 1 | 187 500 € | 100 000 € | 87 500 € | 15 694 € | 171 806 € |
| Enfant 2 | 187 500 € | 100 000 € | 87 500 € | 15 694 € | 171 806 € |
À l'âge indiqué, l'usufruit du conjoint représente de la valeur des biens, soit . Les enfants ne sont taxés que sur la nue-propriété, soit — barème de l'article 669 du code général des impôts.
Le choix de votre conjoint, chiffré
En présence d'enfants, le conjoint survivant opte entre deux formules. Ce choix est civil, mais ses conséquences fiscales sont directes.
- Un quart en pleine propriété
- 31 388 €
- La totalité en usufruit
- 26 388 €
Écart de 5 000 € en faveur de la totalité en usufruit. Ce choix se prépare avant le décès, pas après.
Ce que votre situation permet d'optimiser
- Le choix de votre conjoint peut faire économiser 5 000 € En présence d'enfants, le conjoint survivant opte soit pour un quart de la succession en pleine propriété, soit pour la totalité en usufruit. Dans votre situation, retenir la totalité en usufruit réduirait les droits de 5 000 €. Ce choix est souvent présenté comme purement civil : il est aussi fiscal, et il se prépare avant le décès, pas après.
- Vous n'avez déclaré aucune donation antérieure Chaque parent peut donner 100 000 € à chacun de ses enfants en franchise de droits, soit 200 000 € pour votre foyer, et cet abattement se reconstitue tous les 15 ans. Une donation faite à temps, éventuellement en nue-propriété pour conserver les revenus, réduit mécaniquement l'assiette taxable au décès. C'est le levier le plus puissant, et il ne fonctionne que par anticipation.
- L'assurance-vie échappe à ce calcul Les capitaux transmis par un contrat d'assurance-vie sont hors succession civile. Pour les primes versées avant soixante-dix ans, chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €, tous contrats confondus, puis d'un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. C'est le seul dispositif permettant de transmettre une somme significative à une personne sans lien de parenté sans subir le taux de 60 %.
Recevoir le rapport complet
Le rapport reprend votre situation, détaille le calcul étape par étape, chiffre vos leviers d'optimisation et précise les limites de la simulation. Il vous est adressé immédiatement, au format PDF, et reste utilisable face à votre banquier, votre notaire ou votre expert-comptable.
Votre situation dépasse ce qu'un simulateur peut traiter correctement : plusieurs arbitrages dépendent d'éléments qu'aucun formulaire ne peut connaître. Un échange direct sera plus utile.
Réserver un échange avec Bruno LagorceComment se calculent les droits de succession
Les droits ne se calculent pas sur la succession, mais héritier par héritier. C’est la première chose à comprendre, et c’est ce qui explique que deux familles disposant du même patrimoine paient des montants très différents.
Pour chaque héritier, quatre étapes :
- on détermine sa part dans la succession ;
- on retranche l’abattement propre à son lien de parenté avec le défunt ;
- on applique le barème correspondant à ce lien ;
- on additionne les droits de tous les héritiers.
Conséquence directe : plus la succession est partagée entre un grand nombre d’héritiers en ligne directe, moins elle coûte. Sur un patrimoine de 600 000 €, les droits passent de 98 194 € avec un enfant unique à 32 776 € avec quatre enfants — pour un patrimoine rigoureusement identique.
Les abattements
| Lien avec le défunt | Abattement |
|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire de PACS | Exonération totale |
| Enfant, père ou mère | 100 000 € |
| Petit-enfant (hors représentation) | 1 594 € |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Toute autre personne | 1 594 € |
| Personne handicapée (cumulable) | 159 325 € |
Sources : Service-Public.fr, articles 779 et 788 du code général des impôts.
L’abattement de 100 000 € s’entend par enfant et par parent : un couple peut donc transmettre 200 000 € à chacun de ses enfants sans aucun droit. Il se reconstitue intégralement tous les quinze ans, ce qui en fait le pivot de toute stratégie de transmission.
Les barèmes
| Part taxable après abattement | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Hors ligne directe, les taux changent de nature :
- Frères et sœurs : 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 %.
- Parents jusqu’au quatrième degré (neveux, nièces, oncles, tantes, cousins germains) : 55 %.
- Toute autre personne, y compris un concubin : 60 %.
Source : article 777 du code général des impôts. Barème inchangé depuis 2011.
Le poids réel de la transmission hors ligne directe
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur un patrimoine de 300 000 € transmis à une seule personne :
| Héritier | Droits | Taux réel | Net perçu |
|---|---|---|---|
| Enfant unique | 38 194 € | 12,7 % | 261 806 € |
| Frère ou sœur | 125 388 € | 41,8 % | 174 612 € |
| Neveu ou nièce | 160 618 € | 53,5 % | 139 382 € |
| Concubin, ami, filleul | 179 044 € | 59,7 % | 120 956 € |
Un concubin ne conserve donc que 120 956 € sur les 300 000 € qui lui sont légués. C’est la situation la plus douloureuse que nous rencontrons, et presque toujours la moins anticipée : le concubinage, même de trente ans, n’ouvre aucun droit successoral. Seuls le mariage et le PACS emportent l’exonération totale.
Le choix du conjoint survivant : une règle simple et méconnue
En présence d’enfants communs, le conjoint survivant choisit entre deux formules : un quart de la succession en pleine propriété, ou la totalité en usufruit. Ce choix est présenté comme purement civil. Il a pourtant des conséquences fiscales directes, car il détermine ce sur quoi les enfants sont taxés.
Dans le premier cas, les enfants reçoivent 75 % de la succession en pleine propriété. Dans le second, ils ne reçoivent que la nue-propriété, dont la valeur dépend de l’âge du conjoint selon le barème de l’article 669 du code général des impôts.
| Âge du conjoint | Usufruit | Nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 51 ans | 60 % | 40 % |
| Moins de 61 ans | 50 % | 50 % |
| Moins de 71 ans | 40 % | 60 % |
| Moins de 81 ans | 30 % | 70 % |
| Moins de 91 ans | 20 % | 80 % |
| 91 ans et plus | 10 % | 90 % |
De cette confrontation découle une règle exacte, et rarement énoncée :
Fiscalement, l’option pour la totalité en usufruit est plus avantageuse tant que le conjoint survivant a moins de 81 ans. En dessous de cet âge, la nue-propriété transmise aux enfants reste inférieure aux trois quarts qu’ils recevraient dans l’autre formule. À partir de 81 ans, le rapport s’inverse : la nue-propriété atteint 80 %, et l’usufruit devient plus coûteux.
Cette règle ne dépend ni du montant du patrimoine ni du nombre d’enfants : elle découle uniquement de la comparaison entre la nue-propriété et les trois quarts. Elle suppose évidemment que des droits soient effectivement dus — en deçà des abattements, les deux options coûtent zéro et le choix redevient purement civil.
Sur une succession de 800 000 € avec deux enfants, cela représente :
- conjoint de 62 ans : 52 388 € en usufruit contre 76 388 € en pleine propriété, soit 24 000 € d’écart ;
- conjoint de 72 ans : 68 388 € contre 76 388 €, soit 8 000 € d’écart ;
- conjoint de 82 ans : 84 388 € contre 76 388 €, soit 8 000 € en faveur de la pleine propriété.
Une réserve indispensable : ce calcul ne dit rien de l’opportunité civile du choix. L’usufruit prive les enfants de la disposition des biens jusqu’au second décès, ce qui peut poser d’autres difficultés — vente immobilière bloquée, tensions familiales, besoins de liquidités. Le chiffrage éclaire la décision ; il ne la remplace pas.
Anticiper : ce qui change vraiment les montants
À compléter avec la matière métier de Bruno Lagorce. Trois cas réels anonymisés : une succession où l’absence d’anticipation a coûté cher, une situation de concubinage ou de famille recomposée mal protégée, et un dossier où une donation en nue-propriété a produit un effet significatif. Prévoir 20 à 30 minutes de dictée ou de notes brutes.
La donation, quinze ans avant
C’est le levier le plus puissant, et le seul qui produise un effet mécanique. Prenons un patrimoine de 800 000 € et deux enfants. Sans anticipation, les droits s’élèvent à 116 388 €.
En donnant 100 000 € à chacun des deux enfants aujourd’hui — soit exactement l’abattement disponible, sans aucun droit à payer — le patrimoine transmis au décès n’est plus que de 600 000 €. Si le décès survient plus de quinze ans après, l’abattement s’est intégralement reconstitué et les droits tombent à 76 388 €.
Économie : 40 000 €, pour une opération qui n’a rien coûté au moment où elle a été réalisée. Sa seule condition est le temps.
Attention à une confusion fréquente : une donation consentie il y a moins de quinze ans ne fait pas disparaître son effet fiscal. Elle s’impute sur l’abattement disponible au décès, en application du rappel fiscal de l’article 784 du code général des impôts. Le simulateur en tient compte si vous renseignez le champ correspondant.
Le démembrement
Donner la nue-propriété tout en conservant l’usufruit permet de transmettre en ne payant des droits que sur la valeur de la nue-propriété, tout en continuant à percevoir les revenus et à occuper le bien. Au décès, l’usufruit s’éteint sans aucun droit supplémentaire. Le même barème de l’article 669 s’applique : plus la donation est précoce, plus la base taxable est faible.
L’assurance-vie
Les capitaux transmis par un contrat d’assurance-vie sont hors succession civile. Pour les primes versées avant soixante-dix ans, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 €, tous contrats confondus, puis d’un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après soixante-dix ans, l’abattement tombe à 30 500 €, global et partagé entre tous les bénéficiaires, mais les gains restent exonérés.
C’est le seul dispositif permettant de transmettre une somme significative à un concubin, un neveu ou un ami sans subir les taux de 55 % ou 60 %. Sur les situations hors ligne directe, c’est presque toujours le premier levier à examiner.
Ce que ce simulateur ne calcule pas
Une succession réelle comporte des éléments qu’aucun formulaire ne peut recueillir. Ce simulateur donne un ordre de grandeur fiable sur une dévolution simple ; il atteint sa limite dans les situations suivantes.
- Familles recomposées avec enfants de lits différents : la dévolution et les droits du conjoint changent substantiellement.
- Donations-partages antérieures et rapport des libéralités.
- Ascendants survivants en l’absence de descendants : ils recueillent une part de la succession.
- Exonérations spécifiques : logement principal, biens ruraux, bois et forêts, monuments historiques, transmission d’entreprise sous engagement de conservation.
- Assurance-vie, qui relève d’une fiscalité entièrement distincte.
- Testament dérogeant à la dévolution légale, réserve héréditaire et action en réduction.
Si votre situation relève de l’un de ces cas, le chiffre obtenu ici reste une indication utile, mais il ne suffit pas à décider. C’est précisément à ce moment qu’un échange direct devient plus utile qu’un calcul supplémentaire.
Questions fréquentes
Quel est l’abattement sur une succession pour un enfant ?
Chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur la part qu’il reçoit de chacun de ses parents. Un couple peut donc transmettre 200 000 € à chaque enfant sans aucun droit de succession. Cet abattement se reconstitue intégralement tous les quinze ans, ce qui permet de l’utiliser plusieurs fois au cours d’une vie par le biais de donations.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non. Depuis 2007, le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant reçu. En revanche, le partenaire de PACS n’hérite pas automatiquement : il faut un testament pour qu’il reçoive quoi que ce soit. Le concubin, lui, n’a aucun droit successoral et supporte le taux de 60 % s’il est institué légataire.
Combien coûte une succession de 300 000 € pour un enfant unique ?
Après l’abattement de 100 000 €, la base taxable est de 200 000 €. Les droits s’élèvent à 38 194 €, soit 12,7 % du patrimoine transmis. Si le même patrimoine est partagé entre deux enfants, chacun reçoit 150 000 €, l’abattement ramène la base taxable à 50 000 € par enfant, et les droits totaux tombent à 16 388 €.
Comment réduire les droits de succession ?
Quatre leviers, par ordre d’efficacité : donner de son vivant pour utiliser l’abattement de 100 000 € par enfant et par parent, qui se reconstitue tous les quinze ans ; donner en nue-propriété pour ne taxer qu’une fraction de la valeur tout en conservant les revenus ; alimenter un contrat d’assurance-vie avant soixante-dix ans, qui offre 152 500 € d’abattement par bénéficiaire hors succession ; et, pour un couple, choisir l’option successorale la plus adaptée à l’âge du survivant. Tous supposent d’agir avant le décès : après, il n’existe pratiquement plus de marge.
Un concubin hérite-t-il de son partenaire ?
Non. En l’absence de testament, un concubin ne reçoit rien, quelle que soit la durée de la vie commune. Même institué légataire par testament, il est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 € seulement. Sur un legs de 300 000 €, il ne conserve que 120 956 €. Le PACS ou le mariage, ou à défaut un contrat d’assurance-vie correctement rédigé, sont les seules solutions réellement protectrices.
Que devient l’usufruit du conjoint au second décès ?
Il s’éteint. Les enfants, déjà nus-propriétaires, deviennent pleins propriétaires sans aucun droit supplémentaire à acquitter. C’est ce qui rend l’option pour l’usufruit fiscalement intéressante lorsque le conjoint survivant n’est pas trop âgé : la valeur de l’usufruit échappe définitivement à l’impôt.
Faut-il déduire les dettes du patrimoine transmis ?
Oui. Les droits se calculent sur l’actif net : valeur des biens diminuée des dettes du défunt, des frais funéraires dans une certaine limite et des emprunts en cours. Par ailleurs, la résidence principale bénéficie d’un abattement de 20 % sur sa valeur lorsque le conjoint survivant, le partenaire de PACS ou un enfant mineur ou protégé y réside. Le montant à saisir dans le simulateur est cet actif net.
Aller plus loin
La transmission est le domaine où l’écart entre une situation anticipée et une situation subie est le plus élevé — il se chiffre couramment en dizaines de milliers d’euros. Et c’est aussi celui où les décisions sont les plus difficiles à prendre seul, parce qu’elles engagent la famille autant que le patrimoine.
Pour affiner : notre simulateur d’impôt sur le revenu et notre simulateur PER. À lire également : optimiser la transmission de son patrimoine, les erreurs fiscales en matière de succession et les droits du conjoint survivant.
Qui a conçu cet outil
Bruno Lagorce , conseiller en gestion de patrimoine indépendant à Toulouse et Albi.
ORIAS n° 17005343 — [Entrepreneur individuel - Délégation de carte T n° ADC 3402 2023 000 002 006 Délivrée par la CCI de l’Hérault Garantie financière et assurance RCP n°127 128 662]
Les paramètres de calcul de cet outil — barème de l'impôt, plafonds, abattements — proviennent des sources officielles et sont contrôlés automatiquement chaque semaine. Chaque valeur affichée est datée et sa source est indiquée. Les résultats du moteur sont comparés à ceux du moteur socio-fiscal public OpenFisca sur une série de situations de référence, y compris les cas limites où les simulateurs se trompent le plus souvent.
Autres outils utiles
- Simulateur PER Combien un versement sur votre PER vous fait économiser d'impôt cette année, et quel plafond vous pouvez encore utiliser.
- Impôt sur le revenu et TMI Votre impôt, votre taux marginal et votre taux moyen, calculés avec le barème officiel. Décote et plafonnement du quotient familial compris.
- PEA ou compte-titres Ce que chaque enveloppe vous laisse réellement, selon votre durée de détention. Fiscalité des dividendes, seuil des cinq ans et transmission au décès compris.
Cette simulation est fournie à titre indicatif. Elle repose sur les seules informations que vous avez saisies et sur la réglementation en vigueur à la date indiquée. Elle ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation, ni une incitation à souscrire, et n'a aucune valeur contractuelle.
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